ELUCUBRATIONS AU FOND DE L’ATELIER  

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Dans l’atelier, c’est souvent un chantier, un joyeux bazar de matières et de trucs bidules.
C’est aussi un lieu où les émotions débarquent sans prévenir et se posent.

Je ne crée pas de façon académique, je ne travaille jamais avec les bons outils, j’aime quand c’est compliqué…

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J’aime me salir, me casser mes ongles, car quand je crée je donne tout de moi. Je suis comme cela…

Quand une pièce naît, elle emporte avec elle un tas de sentiments passagers, d’émotions souvent positives. J’aime à dire qu’elles sont vivantes et qu’elles donnent beaucoup à celles et ceux qui les adoptent..

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Depuis un mois maintenant nous sommes confinées, confrontées à une situation paradoxale et dérangeante. Déstabilisée au début, je ne pensais pas pouvoir arriver à créer en ces temps.

Je voyais déjà mon équilibre mental partir en nœud de boudin. Et puis il a fallu organiser la vie de la tribu, instaurer des rituels pour arriver à planer au-dessus de l’abîme, des interrogations sans réponses… Au bout de quelques jours je suis descendue dans mon atelier, et me suis effondrée…

Tant d’effort et de travail pour voir que 2020 serait très compliqué. Il n’y a pas d’expo en vue, pas d’évènements maintenus et un capharnaüm sans nom dans cet atelier et surtout aucune envie de faire une lampe…

Et c’est là, à cet instant que la grâce créative (ou l’instinct de survie) a opéré… un atelier rangé de fond en comble, dépoussiéré, le flow est revenu.

Retour aux sources, travail du bois, ma vieille branche de châtaignier a subi un long travail de nettoyage puis de ponçage et enfin de grattage… Belle au naturel, il s’agissait de trouver comment la mettre en lumière et comment la faire tenir aussi sur une base… Et c’est là que je me suis rendue compte que le confinement pousse dans des retranchements fous et t’amène à trouver des solutions à tout et à faire avec ce que tu as… Et ça c’est notre idée de base, faire de l’art utile et durable.

Utilisation de la défonceuse, seule pour la première fois, quelques ratages, mais j’aime quand cela n’est pas droit ou parfait. C’est même cette beauté irrégulière qui me fascine et me transporte. Et j’ose espérer que quand vous regardez une de nos créations, vous ressentez vous aussi des choses.
Nous partageons cela avec vous.

Ainsi cette branche s’est vue habillée de petites fleurs fabriquées à base de napperons et de fils de fer cœur de raphia, une applique tout en bambou des années 70 pour donner volume et ce côté vaporeux, laissée dans le flou…

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Au final, ma branche imparfaite prend toute sa mesure quand elle illumine un mur, un coin. Elle fait du bien, elle invite même à se faire toucher, si si vous verrez si un jour vous faites l’acquisition d’une de nos pièces…

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Cette création et les autres en gestation dans nos ateliers nous avons décidé d’en faire une collection « les confinées » bien évidemment, pour montrer que même confinée la beauté en chacun de nous sait toujours se montrer à qui veut bien l’entrevoir…
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EleneTheWizz